IIe CONGRES PANSLAVE DE MOSCOU

Intervention de la délégation du PCN-NCP

 

Chers camarades,

Nous vous apportons le salut des militants communautaristes du PCN.

L'idée de doter les Slaves d'une structure transnationale de liaison, d'information et d'initiative, au-delà des différences de territoire, de langue et de religion n'est pas nouvelle, mais dans des circonstances marquées par la fin de l'Union Soviétique et les effets néfastes du morcellement et de la discorde provoqués par les agents dissolvants de la "politique globale américaine", elle apparaît comme un moyen de résistance et d'action face au "Nouvel Ordre Mondial" de l'Amérique et de ses complices, qui cherche partout à imposer son joug et partout met en péril la vie des peuples et des nations.

Nous sommes de ceux qui veulent élargir en quelque sorte le sujet en lui conférant une dimension géographique plus ample et géopolitiquement plus décisive. L'idée-force, c'est que notre champ d'action s'étend de Vladivostok à Reykjavik. C'est la raison pour laquelle nous soutenons activement la proposition de création d'un "Congrès Paneuropéen" adjoignant aux forces de l'Est les forces de l'Ouest agissant dans le même esprit national-patriotique, et participant aux côtés du Congrès Panslave au combat commun pour la cause de nos peuples frères.

Nous parlons de combat commun car partout, des berges de l'Atlantique aux confins de l'Oussouri, l'ennemi est le même : le néocolonialisme yankee, son "Nouvel ordre mondial" et son bras armé de l'Otan. Souvent dans l'histoire européenne, les peuples slaves ont été la digue et le rempart de l'Europe. Contre les Mongols. Contre les Turcs ottomans dans les Balkans. Contre la barbarie nazie. Car on l'oublie trop souvent, ce n'est pas l'US Army qui a vaincu la bête hitlérienne mais la glorieuse Armée rouge, victorieuse devant Moscou et Stalingrad. Aujourd'hui l'histoire se répète. Et les Slaves sont le dernier  rempart face  à l'empire américain. En Europe occidentale, la Résistance, celle que nous menons, est individuelle. Elle est le combat d'individus conscients ou de groupes politiques d'avant-garde, minoritaires, comme notre parti, le PCN.

Hollywood, Mac Do, Coca-Cola : toute la vomissure américaine nous englue dans un monde stupide. Ici à l'Est, la Résistance, de Belgrade à Moscou, est celle du peuple entier. L'anti-civilisation yankee ne peut dissoudre votre culture. Et l'idée slave, portée par l'idée impériale russe,  reste le grand défi lancé à la Carthage américaine. Car les peuples slaves sont encore des peuples jeunes, de ceux qui sont appelés à régénérer l'Europe.

Comme l'annonçait déjà prophétiquement, au cœur du XIX siècle, le grand Dostoievsky : “A l'Orient vient de resplendir avec un éclat encore inouï la troisième idée universelle, l'idée slave, idée nouvellement née, qui peut-être offrira une troisième possibilité de régler le destin des hommes et des peuples européens”.

En Europe de l'Ouest, tous les gouvernements, tous les politiciens se sont couchés devant Washington. Il est loin le temps où se dressait la grande figure du général de Gaulle. La France a rejoint les autres valets européens de l'Otan.

Seule la Russie, même amputée depuis 1991, même affaiblie, a encore la masse démographique, géopolitique et humaine nécessaire pour offrir à l'Europe une alternative au "Nouvel Ordre Mondial". Car la Russie, comme hier l'Union Soviétique, est le dernier pays libre et indépendant en Europe.

Nous sommes donc de ceux qui croient à la mission russe en Europe au XXI° siècle.

Mais si nous sommes à vos côtés pour des raisons logiques, celles qui motivent tous les patriotes européens, nous sommes aussi slavophiles pour des raisons idéologiques.

Nous sommes des "Communautaristes européens", c'est-à-dire que nous croyons que les valeurs de communauté et de solidarité priment la domination de l'intérêt financier et de l'égoïsme individualiste que prône le "Nouvel Ordre Mondial".

Et qui mieux que le monde slave, issu du "Sobor" orthodoxe  ou du "Mir" rural, peut défendre ces valeurs communautaires ? Car la mission slave en Europe n'est pas seulement politique, elle est aussi sociale, comme le rappelait Nicolas Berdiaev : “La mission du peuple russe est de réaliser la justice sociale au sein de la société humaine, non seulement en Russie, mais dans le monde entier”, écrivait-il.

Mais les hommes ne vivent pas seulement d'idées. Ils ont aussi besoin de rêver. Et le cœur doit répondre au cerveau. Nous sommes aussi des slavophiles parce que nous partageons votre rêve, celui du mouvement panslave, celui du monde slave depuis la chute de Constantinople, la seconde Rome. Oui, votre rêve est aussi le nôtre.

Car l'Empire d'Europe pour lequel nous combattons, la grande Europe libre de Vladivostok à Reykjavik, sera la quatrième Rome !

Face à l'Amérique néo-carthaginoise, l'Empire d'Europe ne pourra être que la nouvelle Rome. Avec Moscou pour capitale. Pourquoi pas !

 

Luc MICHEL

 

 

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