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DE LUC MICHEL


EDITORIAL DE JUIN 2002
« La Cause des Peuples » – n° 16

L’AMERICANISME EST
LE NAZISME DU XXIe SIECLE !

Le regretté Jean-Edern Hallier, dans son livre prophétique « LA CAUSE DES PEUPLES » (1), qui inspira directement notre titre et notre Association de solidarité transnationale, dénonçait déjà il y a trois décennies la parenté étroite – de projets, de méthodes et de philosophie darwinienne – entre l’Américanisme et le Nazisme.

Avant lui s’étaient déjà élevées contre l’américanisation du monde les voix du national-communiste Lauffenberg, le leader de l’éphémère République des Conseils de Hambourg (dès 1920), de l’Ernst Jünger du « Travailleur » et de Jean Thiriart, le théoricien de l’antiaméricanisme moderne.

Ecoutons les fortes paroles de Hallier : « Bien sûr, l’américanisme n’est ni le fascisme, ni le national-socialisme. Mais il est déjà beaucoup plus ! Car l’impérialisme américain, fonctionnant à l’échelle de la planète, a inventé des lois à la mesure de sa puissance. Entre sa ploutocratie et son fascisme puritain, il faudrait plutôt parler de plouto-fascisme ! … quand  Hitler compara l’expansionnisme allemand et américain, il ne cacha point son admiration pour le « dynamisme » et le « nouvel élément de puissance » des USA sur la scène internationale, qui s’étaient développés sur les « terres vierges » de l’Amérique du Nord, tandis qu’il avait, lui, à œuvrer dans la vieille Europe. Le sionisme gâcha tout entre les deux puissances qui avaient bien des chances de s’entendre. Mais Hitler, dans son racisme aveugle, n’avait pas encore pu découvrir que le sionisme, avant-garde de l’impérialisme, recelait les mêmes germes de nationalisme et de fascisme, plus affûtés, mieux adaptés aux nouvelles exigences du capitalisme que les théories primaires qu’il développait de son côté. Or, les USA se rattrapèrent depuis ».

Qu’ajouter à ceci ? Sinon que les historiens ont depuis éclairé la collusion entre les Nazis et l’aile fasciste du Sionisme, celle des « révisionnistes » (2), terme poli pour désigner l’extrême-droite sioniste qui suivit les enseignements de Vladimir Jabotinski (1880-1940), le fondateur du BETAR et de l’IRGUN, le maître des Begin, Shamir et autres Sharon, l’idéologue du « Grand Israël du Nil à l’Euphrate » issu de « la colonisation de masse ».

Ces « sionistes-révisionnistes », grands admirateurs par ailleurs de Mussolini, firent plus que se compromettre avec le Reich hitlérien et la SS, allant jusqu’à faire porter dans l’Allemagne d’après 1933 la chemise brune ornée d’un brassard à étoile de David à leurs formations de jeunesse, avec la bénédiction des bâtisseurs d’Auschwitz. On oublie trop souvent cette face sombre du Sionisme et ces complicités odieuses.

Mais revenons à notre sujet. Il n’y a aujourd’hui que les crétins lobotomisés de l’extrême-droite, nouvelle ou ancienne, pour croire que le IIIe Reich ait pu représenter une opposition à l’américanisation.

Quelques faits parlent suffisamment !

Pendant les premières années du IIIe Reich, de 1933 à 1936, la propagande nazie était même ouvertement pro-américaine, saluant notamment avec enthousiasme le « New Deal » de Roosevelt comme un cousin idéologique du National-socialisme. Colin Ross, journaliste vedette du Reich, n’hésitait pas à écrire en 1935 : « La charge immense de travail et de responsabilité qui pèse sur Roosevelt a gravé dans son visage les mêmes sillons que dans celui d’Adolph Hitler » (3).

L’idéologie officielle « volkisch », racialiste, du Reich mise en avant, fait trop souvent oublier l’américanisation de l’Allemagne hitlérienne. Films hollywoodiens, comédies musicales, musique de Jazz, « cartoons » de Disney, cosmétiques et « fashion » yankee, ainsi que Coca-Cola (4) furent introduits en Allemagne après 1933, pas sous la République de Weimar, et encore moins après 1945 comme on le croit parfois ! Hitler regnant, la consommation de Coca-Cola, ce vecteur de l’américanisation culturelle bien avant McDo, a décuplé en Allemagne et le nombre de grossistes est passé de 120 à plus de 2000 ! Goering, le satrape nazi, l’homme du complexe militaro-industriel, prêta même son image aux campagnes publicitaires de la multinationale de Denver. En 1942-43, Coca-Cola approvisionnait en Afrique du Nord aussi bien l’US Army que l’Afrika Korps …

Américanisme et Nazisme partagent en effet une même vision darwinienne du monde, une volonté d’hégémonie mondiale non pas impériale – car l’Empire respecte les cultures et unit les peuples – mais nivelante, réductrice, destructrice.

Bien avant Auschwitz, le génocide planifié des Indiens par les USA annonce le massacre des juifs.

Les « Lois de Nuremberg », instaurées en 1935, et qui instaurent la séparation raciale des Juifs et des Allemands ethniques dans le Reich, fait écho à la « ségrégation » raciale entre blancs et noirs, pratiquée jusqu’à la fin des Années 60 aux USA, cet apartheid oublié par le vertuisme yankee.

Et la « Manifest destiny » (5) répond au « Reich de Mille ans ». Hilter comme Roosevelt ou Bush se voulait l’instrument de la providence. Pour les sceptiques, relire « MEIN KAMPF » …

Après 1945, les connivences idéologiques permirent aux USA de recycler les anciens nazis dans la lutte contre l’URSS, en Allemagne et ailleurs. Aujourd’hui, ce n’est pas un hasard si à l’avancée de l’OTAN à l’Est, vers les frontières russes, correspond les parades revanchardes des anciens SS baltes à Riga, les honneurs rendus aux anciens SS en Estonie, en présence d’officiers de l’OTAN (6), ou encore leur réhabilitation en Ukraine. Qualifiés de « combattants de la liberté » par les gouvernements baltes actuels, ces tueurs nazis sont ouvertement fêtés et honorés. A RIGA, chaque année depuis 1993, les vétérans de la Légion SS, rentrés au pays où ayant survécus à l'épuration soviétique, défilent par milliers avec leurs familles et sympathisants dans la ville le 17 mars, anniversaire du 17 mars 1944 où les deux divisions SS lettones combattirent pour la première fois l'Armée rouge. Le 17 mars 1998, le ministre de la défense letton, en compagnie de deux généraux d'active, assistait même à la parade. Le « jour national du souvenir du soldat letton », fête officielle, est lui fixé au ... 16 mars. En Russie voisine ou en Lettonie, où les rares survivants des ghettos juifs côtoient les vétérans des maquis soviétiques, cela soulève l'indignation. Précisons que 95% des 70.000 juifs de Lettonie ont été massacrés dès 1941, directement par les valeureux « combattants de la liberté ».

Ce n’est pas un hasard si la politique des USA et de leurs valets de l’OTAN dans les Balkans ou en Europe de l’Est est la même que celle du IIIe Reich : l'isolement définitif de la Russie et son démembrement. Depuis l'effondrement de l'URSS perpétré par les marionnettes de l'Occident, comme Eltsine, l'un des objectifs principaux des USA est d'intégrer dans l'OTAN l'Ukraine, qualifiée de « partenaire stratégique prioritaire », et les trois pays baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie. C'est à dire d'amener les forces de l'OTAN à moins de 400 Km de Leningrad. L'un des idéologues de l'expansion américaine à l'Est est Zbigniew BRZEZINSKI, membre influent de la « Commission trilatérale », qui expose les visées géopolitiques de Washington dans son livre « LE GRAND ECHIQUIER ». Dans une interview à la revue conservatrice américaine « FOREIGN AFFAIRS » (2000), il préconisait, carte à l'appui, le démembrement de la Russie en trois entités étatiques séparées (Moscovie, Oural et Sibérie). C'était déjà le plan des Nazis avant 1940. ROSENBERG, l'auteur du « MYTHE DU XXe SIECLE », le théoricien du racisme allemand, proposait explicitement le démembrement de l’Etat russe historique, la création d'une Grande Ukraine antirusse et le rattachement des Etats baltes au Reich.

Américanisme et Nazisme représentent deux faces d’un même cancer : l’Occident marchand. Celui que dénonçait dès les années 20 le national-bolcheviste Ernst Niekisch.

L’américanisme est le Nazisme du XXIe siècle. Et comme le Nazisme il connaîtra un jour son Stalingrad !

 

Luc MICHEL

 

NOTES :

(1) Jean-Edern HALLIER, LA CAUSE DES PEUPLES , 1972.

(2) cfr. Notamment :
Marius Schattner, HISTOIRE DE LA DROITE ISRAELIENNE DE JABOTINSKI A SHAMIR, Ed. Complexe, Et Justin Raimondo, “Israel's taliban, the rising tide of Israeli extremism”, (ANTIWAR.COM) BEHIND THE HEADLINES, 17 mai 2002.

(3) Colin Ross, “AMERIKAS SCHICKSALSSTUNDE – DIE VEREINIGTEN STAATEN ZWISCHEN DEMOKRATIE UND DIKTATUR”, Ed. F. A. Brockhaus, Leipzig, 1935.

(4) cfr. : Hans Dieter Schäfer, DAS GESPALTENE BEWUSSTSEIN. UEBER DEUTSCHE KULTUR UND LEBENSWIRKLICHKEIT 1933-1945, Carl Hanser Verlag, Munich, 1981; et DER SPIEGEL, n° 48/1981, pp. 209 à 214. 

(5) cfr. : Luc MICHEL, « THEORIES DE L’IMPERIALISME AMERICAIN : LA REPONSE DES PEUPLES », Conférence au "Youth Camp for Green, Peace and Alternative Movements", Landau, Allemagne, juillet 2001.

(6) cfr. Luc MICHEL, « Les SS de l’OTAN », « L’EUROPE COMMUNAUTAIRE », hebdomadaire, Bruxelles, Paris et Rome, n° 31, 21 avril 2000.

 

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