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DE LUC MICHEL


EDITORIAL DU 30 OCTOBRE 2004
"LA LETTRE COMMUNAUTARISTE" - N° 256

Message de Luc MICHEL aux militants et sympathisants
à l’occasion du 20e anniversaire de la fondation du Parti :
20 ANS A L’AVANT-GARDE DE LA REVOLUTION AVEC LE PCN !

- suite -

Ces dix dernières années ont vu notre Parti franchir une étape décisive de son développement. Nous sommes dans la réalité, et non plus dans la virtualité de la volonté doctrinale, un Parti européen qui anime des réseaux transnationaux. Comme au temps de la « JEUNE-EUROPE » (1960-1965) et du « Parti Communautaire Européen » (PCE, 1965-1970) un même appareil politique européen transnational et intégré réunit des militants issus de plusieurs groupes linguistiques, de plusieurs pays ou nationalités, dans une même unité de pensée, de combat et d’action et sous une direction collective unique. Pour le PCN, c’est une étape décisive dans la construction du Parti communautariste, auquel nous avons consacré toutes nos forces depuis 20 ans.

Soulignons que depuis 4 décennies, seule notre Organisation développe un tel modèle organisationnel. Ainsi, il y a quelques mois, à l’occasion des élections européennes de 2003, les media présentaient erronément une vague fédération opportuniste et électoraliste des « VERTS » européens comme « le premier parti européen » (sic).

En ce 20e anniversaire, je pense avec émotion aux camarades, jeunes d’âge ou d’esprit, que la mort a frappé et qui nous ont quitté, et en particulier à notre ami Jean THIRIART, sans lequel notre aventure ne serait pas aujourd’hui.

En ces jours de souvenir, les militants communautaristes ne doivent particulièrement pas oublier les deux grandes figures de notre Organisation. Jean THIRIART, disparu en 1992. Et Roger COUDROY, militant de la première heure, tombé au champ d’honneur le 3 juin 1968 en Palestine occupée, les armes à la main face à l’impérialisme et au colonialisme sioniste. COUDROY, le premier « feddayin » européen mort au combat dans les rangs du mouvement de Résistance palestinien, incarne le courage du militant communautariste européen et est la figure exemplaire de notre solidarité transnationale pour la cause des peuples.

Je pense aussi avec tristesse à ceux qui nous ont quitté par lâcheté, par lassitude ou parce qu’ils n’ont pas véritablement compris le sens de notre combat.

Je pense avec mépris à ceux, heureusement fort rares, qui nous ont trahi, sali, ou renié, qui ont rejoint les rangs de nos adversaires et qui combattent aujourd’hui notre cause et nos idéaux. Les uns par veulerie ou par vénalité, les autres parce que la grandeur de notre tâche et de notre dessein historique écrasait leur médiocrité. Que ceux-là sachent que nous ne les oublierons pas...

En ces moments où notre combat prend une extension et une dimension nouvelles, je regarde également avec fierté la nouvelle génération de cadres du Parti qui a rejoint nos rangs, à ces camarades qui comptent déjà parmi nos meilleurs militants. Je vois alors que nos sacrifices de tant d’années n’ont pas été inutiles.

Je remercie aussi la poignée de camarades qui nous a accompagné depuis les débuts et qui a osé affronter les fatigues et les coups de notre « longue marche ». Je remercie particulièrement avec chaleur ceux qui nous ont rejoint au coeur de ces terribles années 1987-89 où nous étions isolés et terriblement seuls au regard de la tâche que nous nous étions fixée. C’est à ceux-là que le PCN doit aujourd’hui de pouvoir réaliser ses ambitions européennes et transnationales.

Je n’oublie pas non plus la dette morale que notre Parti a envers certains de ses cadres et de ses militants, qui se sont éloignés du combat direct, rattrapés par les obligations de la vie, mais qui restent de coeur et d’esprit à nos côtés, continuant à nous apporter encouragements, informations et aide. Je remercie particulièrement notre première Secrétaire-générale sans qui notre aventure n’aurait pas connu un succès que tous disaient improbable ou incertain.

Le chemin que nous avons parcouru depuis notre Premier Congrès, en juin 1984, a été considérable. Nos débuts semblent tellement loin aux quelques militants qui ont connu ces années de solitude et d’isolement, où nous étions obligés de tracer le chemin et d’éclairer la voie, seuls, en tête, souvent incompris, toujours combattus. Le petit parti isolé de 1984 est aujourd’hui devenu une référence inévitable pour l’Opposition européenne, qu’elle soit nationale-révolutionnaire, nationale-bolchevique ou nationale-communiste, tous ces vocables qui ne désignent qu’une seule et même famille : ceux des combattants de l’Europe libre, le front du refus contre l’impérialisme américain, la décadence, la désunion et la sujétion de notre Patrie européenne. Il est aussi une référence solide pour large mouvance de révolutionnaires en Afrique, en Amérique Latine et même aux USA où une poignée de justes combat au cœur même de la Mégapole impérialiste.

Ces 20 années de combat ont été aussi des années de répression et de censure. Le Système ne nous a épargné aucun coup, surtout les plus bas. Ses media aux ordres nous ont systématiquement censuré ou diffamé. Nous avons vu arriver années après années ses flics et ses barbouzes, ses provocateurs et ses indicateurs. Ils ont pu parfois nous retarder, mais ils ne nous ont pas arrêté, car on n’arrête pas une idée juste et une cause noble.

En 20 ans, le PCN a inscrit son action dans la durée. Et c’est là la vocation première d’un Parti révolutionnaire : dépasser les contingences humaines, l’épuisement ou le découragement des militants, pour construire un corps collectif capable de renouveler ses équipes et ses animateurs. Notre Parti n’y a pas failli. LENINE, parlant du combat épuisant du Parti bolchevique, évoquait le « un pas en avant, deux pas en arrière » des processions moyen-âgeuses. Le combat du PCN a toujours été rythmé par « deux pas en avant, un pas en arrière ». Et nos succès ont toujours été suivi d’une avancée réelle. Année après année, nous avons ainsi usé et absorbé tous nos concurrents directs.

Aujourd’hui nos thèses sont incontournables, qu’on les accepte ou qu’on les combatte. Le PCN est la figure centrale de l’Opposition révolutionnaire-européenne et une des grandes références du combat pour la Cause des Peuples, une figure qu’il est impossible d’éviter ou de dissimuler, comme de nombreux adversaires en ont fait l’expérience. Les thèses de notre Parti sont suivies, débattues, reproduites ou discutées. Grâce à notre travail inlassable, nous avons semé, défriché, ouvert de nouvelles terres à notre camp. Le large mouvement que constitue aujourd’hui l’Opposition révolutionnaire-européenne de Lisbonne à Moscou est sorti de cet inlassable labeur. Le sourire méprisant avec lequel nous étions regardés au début des années 80 a fait aujourd’hui place à une triste grimace ou à des cris de haine chez nos adversaires.

A côté de notre combat doctrinal et politique, nous avons aussi bâti, à partir de rien, au départ uniquement du courage de nos militants et de nos sacrifices, une Centrale européenne et une Organisation dont les moyens matériels ne cessent d’étonner nos concurrents et nos adversaires. Il va nous rester, au cours des prochaines années, à partir de cette organisation, à développer le corps des militants du parti, à structurer son appareil et à le développer au niveau européen et transnational.

Certes l’heure n’est pas encore venue pour le PCN. Les solutions que nous proposons, l’alternative que nous incarnons face à la faillite du Système et à sa crise politique, sociale, économique et morale profonde, sont des solutions radicales, une rupture totale avec le passé, que seul le désespoir pourra pousser à adopter. Il est plus facile aujourd’hui pour les déçus du Système d’écouter les sirènes réactionnaires des provocateurs de l’extrême-droite ou faussement alternatives de l’extrême-gauche et de l’écologie régimiste. Il est plus facile aussi de croire que demain tout ira mieux, plutôt que d’accepter ceux qui promettent du sang et des larmes. Pourtant Frédéric NIETZSCHE disait déjà il y a plus d’un siècle que « l’Europe se ferait au bord du gouffre ». Ce sera alors l’heure de notre Parti, au bord même de ce gouffre qui n’effraye que les faibles, parce que nous nous savons qu’il sera la condition même de notre renouveau, de la renaissance de notre Patrie continentale et le début de la libération quadricontinentale.

Le Système avance à pas de plus en plus rapides vers ce gouffre. Sa crise et sa faillite sont totales. Crise politique avec l’arrivée de la guerre partout aux frontières de l’Europe suite à l’effondrement du Bloc soviétique, effondrement et guerres provoqués par l’impérialisme américain, qui applique en Europe « le testament de RICHELIEU ». Crise mondiale avec la fuite en avant belliciste de l’impérialisme américano-sioniste, dont l’arrogance dissimule mal la faiblesse. Crise économique surtout, qui malgré les beaux parleurs de la particratie traditionnelle, ne fera qu’empirer. Crise que nous avions déjà annoncée dès 1984 au milieu des rires de beaucoup.

L’Europe, qui aujourd’hui compte déjà plus de 40 millions de chômeurs, sans oublier une trentaine de millions d’autres sans-emplois et de pauvres formant ce que l’on appelle « le quart-monde », sera alors prête pour une explosion gigantesque. Cette explosion, il nous appartiendra de l’exploiter, de l’encadrer, de nous y engouffrer, pour faire la Révolution européenne, pour apporter au Peuple européen la liberté et la dignité qui lui manquent depuis tant d’années et aux peuples du Monde une alternative à l’anti-civilisation du capitalisme yankee.

Au seuil de cette nouvelle étape pour notre parti, je ne peux promettre à nos militants en particulier que des sacrifices et du travail. Notre ami THIRIART concevait le militantisme comme un « sacerdoce politique ». Je ne peux que lui donner raison. Que ceux qui cherchent les honneurs, la vie facile ou les plaisirs de la vie s’écartent de notre chemin. Que ceux qui, par contre, veulent donner un sens à leur existence et veulent surtout redonner grandeur à notre Patrie européenne et à la Cause du Socialisme nous rejoignent, ils ne seront pas déçus.

A tous ceux qui rejoindront nos rangs, ou qui y combattent déjà, je ne ferai qu’une promesse : vous vivrez dans la liberté et la dignité. Car le PCN depuis 20 ans c’est surtout cela, l’exemple vivant que l’on peut vivre debout, libre et dignement face à ce Système de déshonneur et de bassesse, face à ses valets et ses hommes de main, à ses flics et à ses barbouzes. Notre combat, nos symboles, notre doctrine exprimés chaque jour sont la preuve que dans ce Système, on peut vivre sans courber la tête, que certains ne se résignent pas et ne se résigneront jamais.

Notre combat est d’ailleurs celui de la liberté. Liberté contre le conformisme et la déshumanisation de notre société. Liberté pour notre peuple. Liberté pour notre Patrie continentale. Liberté pour les peuples du monde. Non pas certes la liberté de se détruire, la liberté de se livrer à la décadence que propose le libéralisme usé, mais la liberté de devenir ce que l’on est, la liberté de devenir et d’être plus, cette liberté qui est l’indispensable accompagnatrice de la puissance. Car nous pensons que les peuples ont besoin non pas du bonheur mais d’un destin, d’être et non d’avoir.

A nous tous qui n’avons qu’une nostalgie, celle de l’Empire romain, de la grandeur romaine, de la Paix romaine, qui sommes habités par ce que l’historien René GROUSSET appelait le « grand tourment de l’unité », je ne peux que relire les paroles du grand poète romain VIRGILE qui résonnent au-delà des siècles comme l’écho de notre combat : « qu’ il te souvienne, ô Rome, que ta part est de régner sur terre et d’ordonner la paix, d’épargner les vaincus et d’abattre l’orgueil des puissants ! »

Dans ces quelques lignes est inscrit tout le sens de notre combat, toute la grandeur de notre tâche et de notre grand dessein historique. Que ceux qui combattent dans nos rangs, que ceux qui viennent de nous rejoindre ou nous rejoindront bientôt, le sachent : un jour prochain ou lointain, nous en faisons le serment, nous relèverons les Aigles, nous ferons à nouveau entendre le pas des légions, nous ferons à nouveau régner la paix sur notre continent, nous porterons le fer et le sel sur la terre de nos ennemis.

Notre Europe, libérée et rendue à elle-même, offrira alors sa jeunesse et son avenir au Monde. Alors des décombres du monde bourgeois, marchand et exploiteur, surgira « L’Homme nouveau » qu’annonçait NIETZSCHE, JÜNGER, le CHE, MARX et THIRIART, la figure héroïque et prométhéenne du Travailleur, qui mettra un terme définitif au monde vétuste et sans joie que nous subissons. Cet homme nouveau, nous le savons au fond de nos coeurs comme de nos cerveaux, ne pourra s’élever que de la nouvelle Rome que sera la Grande Nation européenne, la République impériale communautariste de Reykjavik à Vladivostok, l’Etat géo-idéologique qui préfigurera l’Etat universel. Une nouvelle Rome qui aura brisé définitivement la moderne Carthage dont les capitales sont aujourd’hui Washington et Wall Street.

Tel est le sens de notre combat, le poids écrasant de notre tâche commune. Face à sa grandeur qui nous élève, les imbéciles peuvent ricaner, les ordures de la politique et des media peuvent tenter de nous salir, les flics et les barbouzes peuvent comploter.

Nous laissons aux opportunistes leurs calculs mesquins, leurs visées sordides, leurs appétits dérisoires. Que nous importe leurs élections truquées, leurs querelles ubuesques, les faux débats du Système, la pourriture du Régime.

A l’ombre de sa légalité, nous forgeons tous ensemble le glaive qui l’abattra. Nous sommes l’étincelle sous la cendre, l’espoir au fond de la longue nuit qui s’est abattue sur notre Patrie continentale et sur tous les peuples du monde. Nous sommes l’Europe Combattante !

 

Luc MICHEL,
Président du PCN-NCP.

 

ANNEXE :

LA NAISSANCE DU PCN
ET LA « GAUCHE NATIONAL-NEUTRALISTE »

Il faut se rappeler du climat politique dans lequel se crée le PCN. Parce qu’autrement on ne comprend pas les choses. Mais cela n’a été analysé par aucun politologue. C’était l’époque où toute l’Europe était partagée et parcourue par les grandes manifestations pacifistes contre les « Euromissiles » américains.

Il y a une agitation importante et en Allemagne se développe un phénomène intéressant. Il y a ce que l’on appelle la naissance du mouvement « national-neutraliste », de la « Gauche nationale-neutraliste ». Beaucoup de politologues on dit que ce mouvement avait des connotations national-bolcheviques, c’est aussi intéressant pour la suite. De ce mouvement vont sortir les « Grünen », les Verts allemands, mais première version. Pas les putains vertes actuelles à la Fischer qui sont au gouvernement allemand, mais le mouvement radical des Années 80. Le choix des Nationaux-révolutionnaires allemands, qui sont dans la lignée de Niekisch notamment, c’est de soutenir et d’entrer dans le mouvement des « Grünen ». Par exemple Paul Weber, un ami de Niekisch et de Jünger, l’homme notamment qui a fait peut-être le dessin anti-hitlérien le plus fameux. C’est la couverture du livre de Niekisch, « Hitler, une fatalité allemande », un squelette en uniforme de S.A. qui conduit une foule à l’abîme. Et qui sera repris sur plusieurs affiches du PCN contre le « Front National » en 1995-99. Paul Weber va dessiner les premières affiches des « Grünen ».

En Belgique, le même mouvement existe mais en beaucoup plus petit. Pourquoi ? Parce qu’il y a moins de pressions psychologiques qu’en l’Allemagne. S’il y a une guerre nucléaire limitée, elle va se passer sur le sol allemand, les Allemands sont directement, profondément concernés. Il y a aussi le problème de la réunification. En Belgique, on brasse des masses moins nombreuses. Le mouvement pacifiste se limite à rassembler les gens qui sont déjà politisés dans les mouvements radicaux. L’épicentre de tout ça, c’est la base de Florennes qui est à une vingtaine de kilomètres de Charleroi, et où doivent être installés les missiles nucléaires tactiques yankee.

A Florennes, le groupe que Luc MICHEL anime à l’époque, de tendance national-révolutionnaire, dans le Style des NR allemands des Années 1920-1933, va manifester, tracte. Et rencontre là-bas d’anciens maoïstes qui sont en rupture du PTB notamment. Il rencontre aussi des écologistes qui ne sont pas en train de prendre le tournant régimiste que les Verts belges sont en train d’adopter, c’est-à-dire de rentrer dans le Système. De ces rencontres qui vont durer environ une année, va naître le PCN.

Le PCN à sa naissance c’est quoi ? C’est la rencontre de l’idéologie communautariste, appelons ça les idées de Jean Thiriart, avec des militants radicaux qui ne sont plus d’accord de rester dans leurs différentes extrêmes, qui veulent faire un mouvement uni de contestation du Système.

Dès le début, ça a été relevé par le CRISP (la référence universitaire belge en socio-politique), ça a été souligné par la plupart des politologues sérieux, il y a les trois composants de ce que nous nous appellerons le « Front noir-rouge-vert ». Et que Luc MICHEL va théoriser à la fin des Années 80 : « Noir » qui est la couleur des nationaux-révolutionnaires, « Rouge » qui est la couleur des léninistes, des communistes, des socialistes, des nationaux-bolcheviques russes, et « Vert » qui est la couleur des écologistes..

Le PCN, c’est l’enfant du national-neutralisme en Belgique. Ce n’est pas du tout un mouvement d’extrême-droite ou un mouvement d’extrême-gauche.

Mais c’est aussi autre chose, tout simplement parce que de la rencontre de Jean Thiriart et Luc MICHEL en 1982 est née la décision de relancer l’Organisation communautariste.

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