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DE LUC MICHEL


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EDITORIAL DU 06 MAI 2005
"AL BA'ATH AL IRAQI" - N° 55

Déclaration-programme des « Comités Irak de base » :
IRAK 2005 : 
LA RESISTANCE BA’ATHISTE EST INCONTOURNABLE !

Quelle est la réalité irakienne en ce printemps 2005, qui voit la troisième année de l’occupation américano-sioniste s’enliser face à la guerre de libération nationale dirigée par le Ba’ath ?

Il y a les informations manipulées des media aux ordres de l’OTAN ou de Tel-Aviv – ce sont très souvent les mêmes sources manipulées. Et il y a la réalité d’une guerre de guerilla qui ne peut plus être vaincue.

Le nombre et la sophistication de ses attaques sont devenus tels que Sir Jeremy Greenstock, qui fut le premier haut représentant britannique dans l’Irak occupé, a récemment déclaré que l’insurrection était désormais « irrémédiable », et  qu’elle ne pourrait plus être « éradiquée » par des troupes étrangères.

A part les sionistes pur jus – comme Alexandre Adler qui écrivait sans rire ce mai 2005 dans LE FIGARO (Paris, 4 mai 2005) que « George W. Bush peut se féliciter d'avoir gagné pour l'essentiel sa campagne du Moyen-Orient : un gouvernement irakien fiable et soutenu par une très grande majorité de l'opinion de ce pays voit enfin le jour » (sic) –, plus personne, à commencer par la presse yankee, qui dit plus souvent la vérité que les prostitués médiatique « européens », ne soutient la fiction d’une situation stable et d’un gouvernement fantoche contrôlant quoi que ce soit.

La guerilla ba’athiste a pleinement atteint ses buts de guerre face au projet américain d’iraquiser la guerre et de stabiliser le pays occupé au travers d’un gouvernement fantoche. Comme l’écrivaient dès la fin 2004 plusieurs analystes militaires américains – notamment ceux du « Washington Institute's Military and Security Studies Program » et des MIDDLE ESAST QUATERLY (1) –, ses buts n’étaient pas en effet d’empêcher partout le processus électoral, mais bien de le rendre inopérant dans la partie à majorité sunnite du pays, et, partant, d’empêcher la formation d’un gouvernement et d’une administration crédibles. L’anarchie politique de la politique fantoche démontre la victoire politique de la guerilla.

« L’Irak en route vers la guerre totale » analysait LE FIGARO dès le 19 janvier 2005, rappelant que « Dans cette guerre asymétrique, les qualités classiques de l’armée américaine – technologie, logistique, puissance de feu, suprématie aérienne – ne lui permettent pas d’emporter la décision. Car il lui manque les atouts de toute force d’occupation crédible : motivation des cadres et des soldats, connaissance de la langue et de la culture du pays, réseaux de collaboration locale efficaces, capacité à infiltrer les cellules ennemies (…) face à elles, les forces américaines trouvent des guérilleros extrêmement motivés, prêts à mourir pour une cause qui leur apparaît sacrée. Dans la mesure où beaucoup d’entre eux sont d’anciens militaires, révulsés d’avoir été jetés à la rue par la décision de dissolution de l’armée prise par le gouverneur américain Paul Bremer en mai 2003, leurs embuscades sont relativement sophistiquées ». Ces « résistants » se « meuvent dans la société irakienne comme des poissons dans l’eau ».

La seconde phase de cette offensive, militaire, c’est la destruction des forces de sécurité collaborationnistes – armée, polices, administration. Et elle est menée sur tout le territoire, de Bassorah à Kirkouk et de Mossoul à Bagdad et à la frontière syrienne. Le fameux « triangle sunnite » de la propagande du Pentagone ressemble aujourd’hui en réalité à un gigantesque trapèze qui s’étend jusqu’à chaque frontière du pays. Et la guerilla y mène, de l’aveu même du commandement militaire yankee, des attaques coordonnées à grande échelle.

Le général Muhammad Shahwani, le traître qui dirige les « services de renseignement » des Kollabos irakiens, estime lui-même, selon LE FIGARO (19 janvier 2005) « le nombre des insurgés à 200 000. Parmi eux, 40 000 hommes formeraient le noyau dur de la guérilla armée combattante, le reste constituant les sympathisants actifs, participant aux tâches logistiques et à la collecte des informations sur les « ennemis » américains et leurs « collaborateurs » irakiens ».

Deux ans après la chute par trahison de Bagdad, la réalité c’est non seulement la direction ba’athiste de la Guerilla – qui téléguide aussi ou infiltre des formations islamistes –, suivant les plans organisés par Saddam Hussein dès 2003 (2).

Mais c’est aussi la montée en puissance politique sur le terrain – notamment dans les zones majoritaires du pays que ne contrôlent ni les Yankee ni les Kollabos « irakiens » ou kurdes – d’un Ba’ath réorganisé, avec une nouvelle génération de jeunes dirigeants mise en place elle aussi dès 2003, et qualifié de « naissance d’un nouveau Ba’ath » par la presse anglo-saxonne (3).

Face à l’enlisement et au syndrôme du Vietnam – l’échec de l’iraquisation fait directement écho à celui de la Vietnamisation qui vit la libération de Saigon le 30 avril 1975, les Américains ont même approché – en vain – Saddam Hussein pour tenter de trouver une porte de sortie (4).

Cette réalité justifie pleinement la position adoptée par nos « Comités Irak de Base » dès avril 2003 : soutien au Ba’ath et à lui seul !

Aujourd’hui, la Résistance irakienne c’est le Ba’ath et les forces patriotiques qui suivent sa direction dans le « Conseil unifié de la résistance irakienne ». Les mirages de l’islamo-gauchisme – notamment le soutien à la girouette chiite Sadr ou à de fantomatiques « forces ouvrières menant une résistance pacifique » (sic) – ne sont que poudre aux yeux.

Quel doit être notre rôle et notre action aujourd’hui ?
Ceux-ci doivent s’orienter selon deux axes principaux.

D’une part continuer la bataille de l’information que nous menons depuis deux ans avec et pour la Résistance ba’athiste. AL-BA’ATH AL-IRAQI est aujourd’hui la seule publication régulière, à large diffusion, au service de celle-ci.

D’autre part, nous devons apporter notre soutien à l’extension pan-arabe du soutien à la Résistance, telle qu’elle a été souhaitée par notre camarade Izaat Ibrahim Al-Douri, leader suprême de la Résistance en février denier (5). En lui apportant notamment une tribune internationale et un outil de coordination. La répression des états fantoches arabes rend en effet difficile cette tâche sur place.

Car le combat du Ba’ath ne se limite pas uniquement à l’Irak. Et ceci aussi vous ne l’avez pas lu dans la presse du Pentagone et du Mossad ! Quelques exemples significatifs parlent d’eux-mêmes.

Au Yemen, qui fut le premier poumon extérieur de la Résistance au printemps 2003, nos camarades ba’athistes font face à une répression sournoise, due aux polices politiques locales et aux Américains.

En Mauritanie, où le Ba’ath fut toujours influent, c’est le procès du putch avorté de juin 2003, dirigé par des officiers ba’athistes. Nos camarades y subissent une répression brutale, où dominent l’usage systématique de la torture et les arrestations arbitraires. Ce qui n’empêche pas les organisations révolutionnaires arabes et le Ba’ath clandestin de mobiliser le pays contre la venue du ministre Israélien Shalom à Nouakchot ce 2 mai.

A Alger, dans un Maghreb ou les thèses ba’athiste ont toujours rencontré un fort écho parmi les milieux intellectuels, s’est tenue en avril une conférence pan-arabe de soutien au Ba’ath.

Ajoutons – car notre démarche est unitaire et non sectaire – que face à l’offensive américano-sioniste contre Damas et Beyrouth dont le but est la destruction du Ba’ath pro-syrien ou sa neutralisation interne (abandon du socialisme et du projet panarabe), nous estimons que le temps de la rivalité entre les branches irakienne et syrienne du Ba’ath est dépassé. Et que nous soutiendrons aussi les forces révolutionnaires du Ba’ath syrien dans le combat contre Tel-Aviv et Washington (6).

Né dans l’Espace francophone, à bruxelles et à Paris, les « Comités Irak de Base » sont aujourd’hui le fer de lance transnational du soutien à la Résistance irakienne.

Et la naissance cette année de « comités » au Québec ou en Argentine révèle notre dynamisme.

Nos ennemis sionistes ne s’y sont pas trompés. Et la campagne haineuse contre les « comités Irak » lancée par l’officine israélo-américaine MEMRI, soutenue par Tsahal et les néo-conservateurs yankee fin novembre 2004 (7) et reprise par plusieurs centaines de media sionistes partout dans le monde est le révélatrice de notre influence (8).

La Résistance ba’athiste, qui est en première ligne face à l’impérialisme américano-sioniste, donne une leçon de courage, de détermination, mais aussi d’espérance à tous ceux, militants et peuples, qui, sur les quatre continents, refusent la loi colonialiste de Washington et Tel-Aviv. L’impérialisme ne se discute pas, il se combat et il s’écrase ! C’était déjà l’avis de Che Guevara. C’est le nôtre. La Cause des Peuples impose la destruction de l’ennemi de l’Humanité.

Le MEIN KAMPF des Néo-conservateurs a été écrit par Bill Kristol. Il s’intitule « Notre chemin commence à Bagdad ». Ce chemin sera celui de la défaite et de la honte. L’Histoire se souviendra alors de la réponse des militants ba’athistes à ces intellectuels occidentaux arrogants qui annonçaient la mort des idéologies…

Aujourd’hui plus que jamais, le combat continue aux côtés de la Résistance irakienne et du Ba’ath, qui sont en première ligne dans le combat transnational pour la Cause des peuples.

Oui l’Axe américano-sioniste sera vaincu en Irak comme il l’a été au Vietnam !

 

Luc MICHEL

 

Notes et renvois :

(1)  Cfr the “Washington Institute's Military and Security Studies Program”:

Jeffrey White, “Assessing the Iraqi Insurgency (Part I): Problems and Approaches”, PolicyWatch #978, The Washington Institute website, March 24, 2005;

Michael Eisenstadt, “Assessing the Iraqi Insurgency (Part II): Devising Appropriate Analytical Measures”, PolicyWatch #979, The Washington Institute website, March 25, 2005;

Jeffrey White, “The Elections and the Insurgency “,PolicyWatch #952, The Washington Institute website, January 31, 2005;

Jeffrey White, Todd Orenstein, and Max Sicherman, “Resistance Strategy in the Trans-Election Period (Part I): Concepts, Operations, and Capabilities”, PolicyWatch #945, The Washington Institute website, January 24, 2005;

(2) Cfr. « Saddam a bien préparé l'après-Saddam », COURRIER INTERNATIONAL Paris, n° 669, 28 août 2003 :

« Dès juillet 2002, Saddam Hussein constituait des réserves d'armes et d'argent et se rapprochait des nationalistes arabes et des islamistes, affirme un journaliste proche de l'ancien dictateur (...)En juillet 2002, huit mois avant d'apprendre par les services de renseignements allemands que la guerre aurait lieu, il adressait aux principaux responsables du parti Baas une circulaire les avisant de se préparer à subir une attaque américaine "à tout moment". Ce document prédisait que l'Irak serait "vaincu militairement à cause du déséquilibre des forces en présence". On rétablirait l'équilibre "en attirant l'armée américaine dans les villes, les villages et le désert, et en recourant à des tactiques de résistance".

Saddam Hussein travaillait déjà depuis quatre ans à adapter son armée à la pratique de la guérilla. Il m'a confié à plusieurs reprises en privé que la hiérarchie militaire était dépassée et avait besoin de sang neuf. C'est lui qui a recruté les chefs des nouvelles unités de guérilla - des hommes âgés pour la plupart de moins de 35 ans, certains de 18. Saddam Hussein a constitué, avant l'invasion américaine [en mars 2003], des réserves de troupes, d'armes et d'argent dans tout le pays. Les armes légères - lance-grenades, explosifs, grenades à main et AK-47 - abondaient. Elles ont été fabriquées dans des lieux secrets répartis dans tout le pays. Mais il y avait encore plus d'argent que d'armes. Saddam Hussein a investi à l'étranger une partie de l'immense richesse accumulée en détournant les revenus du pétrole. Il a commencé à se débarrasser de ces actifs en 2002 pour se procurer un stock de liquidités, qu'il a réparti dans le pays. Après l'invasion américaine, l'ancien président coupa tout contact avec la plupart des hauts responsables du parti Baas. Même ses gardes du corps personnels disparurent. Saddam Hussein a mis sur pied la résistance en partant du principe qu'elle devait réunir les éléments nationalistes, baassistes et islamistes. Les chefs devaient être indépendants mais reliés à un commandant suprême - lui-même. Il a défini les grands traits du mouvement en s'inspirant de l'histoire islamique, en particulier du triomphe du prophète Mahomet après son exil à Médine. Après la chute de Bagdad, en avril, plusieurs cadres du parti Baas se sont réfugiés dans d'autres pays arabes. Ils devaient servir de lien entre la résistance intérieure et les masses arabes d'Egypte, de Jordanie, de Syrie, du Liban, du Yémen, du Maroc et de Mauritanie, où le parti Baas a des cellules depuis 1968 (…)

Aujourd'hui, l'armée sans visage de Saddam Hussein compte trois groupes. Le premier, ce sont les Moudjahidin - des Irakiens non membres du parti Baas et des volontaires islamiques qui ont combattu en Afghanistan et en Tchétchénie. Les seuls membres du parti Baas sont des Arabes non irakiens. Il est impossible de déterminer précisément leurs effectifs. Le général Taher Jalil Habboush, le chef des services de renseignements irakiens, que j'ai rencontré en janvier, m'a déclaré à l'époque qu'il y avait environ 6 000 combattants arabes et islamiques à Bagdad, pour la plupart entraînés à la guérilla. Le deuxième, Al Ansar (les partisans), regroupe des éléments du parti Baas choisis personnellement par Saddam Hussein - qui a gardé leur engagement secret vis-à-vis de la vieille garde du parti. Ils sont présents dans tout le pays. Leurs moyens de communication sont primitifs mais sûrs. Les messages écrits, la radio ou les téléphones par satellite sont interdits. Chaque cellule dispose de messagers qui ont pour mission de relayer les messages oraux aux autres cellules. Le troisième, Al Muhajirun (les émigrants), regroupe certains membres de l'élite et quelques responsables du Baas, dont des physiciens et des stratèges militaires. Ils représentent le noyau du nouveau régime que Saddam espère diriger après avoir vaincu la coalition anglo-américaine. Toutes les unités qui constituent ces groupes de résistants sont autonomes tant militairement que financièrement ».

(3) Cfr Patrick Cockburn, “Bomb attacks on the rise as 'New Baath party' is born” (“Des bombardements en hausse tandis que le ‘Nouveau Parti Baath’ est né”), THE INDEPENDANT, 3 May 2005 : “Les insurgés sont moins intéressés par la participation au gouvernement que dans des entretiens directs avec les USA, un agenda pour le retrait des forces américaines et le droit de reconstruire le parti Baath. Dans des villes arabes sunnites un soi-disant Nouveau Parti Baath commence à émerger et serait très bien organisé”.

(4) Le magasine égyptien AL-USBU du 2 mai 2005, a publié ce qu'il a indiqué être le texte d'une conversation entre le Président irakien Saddam Hussein et le Secrétaire à la Défense US Donald Rumsfeld sur son dernier voyage à Bagdad  pendant lequel il a rendu visite au chef irakien emprisonné. AL-USBU signale que des sources politiques informées avaient révélé les détails de la réunion. AL-USBU signale que “la réunion a eu lieu après une escalade des attaques de la Résistance irakienne contre les forces d’occupation des USA et leurs alliés et faire-valoir en Irak. Les sources ont indiqué que les USA avaient perdu plus de 1.600 hommes tués et blessés ces trois derniers mois, dont ils n’ont officiellement admis qu’une fraction seulement. L'information disponible indique que le Président américain George W. Bush a tenu une réunion avec son état-major au cours de laquelle ils ont discuté des manières d'arrêter la violence de la Résistance en Irak. Afin de sauver des vies américaines et d’arrêter la détérioration continue des relations entre les USA et ses alliés et d'autres pays qui ont envoyé des forces en Irak occupé. La direction US est arrivée à la décision d’offrir de libérer le Président irakien Saddam Hussein et de l’amener à son endroit préféré d'exil en dehors de l'Irak en échange pour son apparition à la télévision pour exiger que la Résistance irakienne arrête ses opérations armées et forme un parti politique pour participer au processus politique mis en place par les forces d’occupation des USA en Irak”. En réponse, Saddam Hussein refuse de vendre l'Irak.

(5) Cfr Communiqué du Ba’ath, « LE CDE IZZAT IBRAHIM AL DOURI ANNONCE LA REORGANISATION DU BA’ATH AU NIVEAU PANARABE ET L’EXTENSION DU COMBAT DE LA RESISTANCE SUR TOUTE LA TERRE DE LA NATION ARABE ! », 7 février 2005.

(6) Lire : Luc MICHEL, « L'AGRESSION AMERICANO-SIONISTE EST UNE GUERRE IDEOLOGIQUE CONTRE LE NATIONALISME ARABE : APRES BAGDAD, DAMAS ET TRIPOLI SONT EN LIGNE DE MIRE ! », Editorial du 7 octobre 2003, LE QUOTIDIEN DU PCN, n° 765.

Version anglaise sur AL-JAZEERAH, October 31, 2003, sur :
http://www.aljazeerah.info/Opinion%20editorials/2003%20Opinion%20Editorials/October/31%20o/The%20US-Israeli%20War%20against%20Arab%20Nationalism%20Luc%20Michel.htm

(7) Voir : Dr Nimrod Raphaeli, « Activités anti-américaines du parti Baath à Paris », MEMRI, Enquêtes et analyses - No. 197, Novembre 30, 2004.

(8) Luc MICHEL, « DEBATTRE DE « LA SITUATION EN IRAK » OU AGIR ET MILITER POUR ET AVEC LA RESISTANCE IRAKIENNE !? », « LA CAUSE DES PEUPLES », n° 23, janvier 2005.

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