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EDITORIAUX DECLARATION DU 20 JUILLET 2006 DERRIERE LA BARBARIE DE L’ETAT-VOYOU SIONISTE Depuis quelques jours, la Palestine et le Liban subissent à nouveau le rouleau compresseur israélien. Cet emballement a pour origine un prétexte fallacieux : la capture de deux soldats israéliens. En Palestine occupée, nous avons ainsi pu assister à la destruction de trois ponts essentiels, d’une centrale électrique qui fournit 40% de l’électricité de la bande de Gaza et de nombreux bâtiments d’infrastructures civiles. Ces destructions constituent clairement des punitions collectives, interdites par les Conventions de Genève (IV, art. 33). Côté israélien, elles semblent plutôt réjouir. Dow Weissglas, conseiller du premier ministre israélien, a ainsi pu déclarer : « C’est comme un rendez-vous chez le diététicien. Les Palestiniens vont beaucoup maigrir, mais ne mourront pas » (*). Les statistiques tenues par Btselem, l’organisation juive qui tente désespérément de rappeler que les droits de l’homme devraient protéger même les Palestiniens, indiquent que depuis le début de la dernière Intifada, 3.450 Palestiniens, dont 698 mineurs, ont été abattus par les Israéliens. Ces dernières années le nombre de détenus palestiniens dans les geôles israéliennes a régulièrement atteint les 5.000. Des statistiques incomplètes révèlent que plus de 6.312 maisons individuelles ont été rasées. Depuis l’occupation de Jérusalem-Est, plus de 6.400 Palestiniens en ont été expulsés ; à cela s’ajoutent 1.554 autres déportés. Pendant ce temps, près de 2 millions de colons s’installaient en Cisjordanie, sur des terres appartenant aux Palestiniens. Le plan israélien prévoit de s’approprier 46% de ce territoire par un découpage qui continuerait d’y rendre la vie impossible. 80% des ressources en eau sont appropriées par les Israéliens. Que, dans ces conditions, les Palestiniens tentent de répliquer avec leurs faibles moyens ne paraît pas aussi immoral que la politique indigne menée par Israël. L’escalade de l’agression sioniste voit ensuite une nouvelle agression contre le peuple martyr du Liban. En attendant que la Syrie soit à nouveau frappée. L’un des principaux buts réels de la guerre sioniste, c’est de porter un puissant coup destructeur sur l’économie du Liban. Israël détruit sciemment l’économie du Liban qui est son concurrent dans le domaine du tourisme, ainsi que sur le marché des services bancaires et de transport. On ne peut, en effet, expliquer autrement la destruction de l’aéroport international de Beyrouth et les bombardements d’un port maritime, de centrales électriques, de ponts et d’autres ouvrages de l’infrastructure civile qui n’ont rien à voir avec le Hezbollah. Le tout en violation grave du Droit international ! Le coordinateur des Nations unies Jan Egeland a été « surpris par l’ampleur des dégâts provoqués par les bombardements israéliens sur la capitale libanaise » : « C’est horrible. Je ne savais pas qu’ils bombardaient les immeubles les uns après les autres (…) C’est plus important et plus coûteux que ce que j’imaginais (…) C’est une violation du droit humanitaire ». Une violation qui grâce à la protection de Washington ne connaîtra aucune sanction. Pas de TPI pour les généraux et politiciens sionistes ! Mais le véritable but de la nouvelle agression sioniste est d’ordre géopolitique. Et étroitement lié aux projets de remodelage du Proche-Orient de leurs complices néo-conservateurs yankee, dont on connaît les liens étroits avec l’establishment israélien. « l’armée israélienne se lance dans ce qu’il faut bien appeler une « mise à mort » d’un pays qui se relevait à peine d’une trop longue guerre civile. Les explications avancées, ici ou là, pour tenter de comprendre et surtout de justifier cette réaction disproportionnée d’Israël ne peuvent ignorer d’autres raisons qui tirent leur origine de la vision politique du Proche-Orient qu’a toujours eue Tel-Aviv », analyse pertinemment Albert Bourgi, professeur de droit public à l’université de Reims (Le Figaro, 21 juillet 2006). « Aujourd’hui comme en 1978 et 1982, lorsque Israël (…) envahissait massivement le Liban déjà en proie à une guerre destructrice, ces actions obéissaient aussi à des desseins stratégiques. En réalité, sous des formes diverses prenant en compte le contexte régional et international du moment, l’État d’Israël ne s’est jamais départi de sa volonté d’avoir comme interlocuteurs au Proche-Orient, a fortiori dans son environnement immédiat, des « républiquettes » dont l’émiettement s’accordait parfaitement avec son hégémonie politique et militaire. Autant dire qu’un État unitaire libanais, en quête d’une voie démocratique confortée par un sentiment national renforcé, malgré sa diversité communautaire, faisant figure de contre-modèle de l’Etat sioniste, n’a jamais fait partie de ses choix stratégiques. D’ailleurs, entre 1975 et 1989, Israël n’a jamais cessé d’encourager, voire de soutenir, des projets de sécession faisant fi de la souveraineté nationale (enclave chrétienne au Sud Liban avec le major Saad Haddad) et de saper l’autorité de l’État libanais. Il y a quelque ironie à entendre aujourd’hui les officiels israéliens réclamer le déploiement de l’armée nationale dans le Sud Liban, alors que pendant plus d’une vingtaine d’années, et jusqu’au retrait de leurs troupes en mai 2000, ils s’y sont farouchement opposés (…) La «cantonnisation» du Liban renvoie bien évidemment à un projet du même type, d’ores et déjà perceptible en Cisjordanie, ou en voie de réalisation en Irak, et pourquoi pas demain en Syrie. Cette géopolitique éclatée ne pourrait que mieux asseoir une suprématie militaire reflétée par le monopole de la détention de l’arme nucléaire ». Tout cela face au silence complice de l’Union « européenne » (sic). Depuis le début de l’offensive israélienne sur Gaza, l’impuissance diplomatique organisée de l’Union européenne – où les puissants lobbies sionistes entretiennent un climat de peur politique – est criante. « Préoccupation », appel « à toutes les parties » à protéger la vie des civils et à ne pas détériorer davantage la situation humanitaire, telles sont les déclarations impuissantes et hypocrites des responsables « européens ». Bruxelles a perdu le peu d’influence qu’il avait sur les Palestiniens. Tout cela face à l’hypocrisie des USA, qui entendent jouer aux « pacificateurs », alors qu’ils sont non seulement les protecteurs de l’agression sioniste, mais aussi et surtout les promoteurs de la déstabilisation du Liban. Ecoutons le politologue libanais Sati Nur al-Din, interrogé par le quotidien beyrouthin As Safir – pro-occidental – : « De leur côté les Etats-Unis ont commencé cette guerre et la mènent par Israël interposé, auquel ils assurent une couverture politique, s’emploieront à redistribuer les cartes au Liban, ce que la plus grande partie de la population acceptera volontiers, surtout après ce que les gens ont connu pendant la guerre. Une alliance étroite du Liban avec les Etats-Unis … constituera l’un des principaux résultats de cette guerre ». Face à la soumission de la fausse
« Europe » inféodée à Tel-Aviv et Washington, Solidarité Europe-Nation Arabe ! Front uni contre l’impérialisme
et le colonialisme ! A bas l’Impérialisme américano-sioniste !
Luc MICHEL
(*) Le Temps (Genève) donne une idée de ce qu’est la barbarie sioniste à propos du cas exemplaire de la ville palestinienne de Beit Lahiya :
« Les champs qui font traditionnellement vivre la population locale sont ravagés. Les plantations ont été arrachées ou écrasées. Les systèmes d’irrigation dont la plupart ont été offerts par l’Union européenne (des tuyaux en plastique circulant dans le sol) sont déchiquetés. Quant aux bosquets, aux cabanes et aux autres constructions susceptibles d’abriter des tireurs de roquettes Qassam, ils ont été rasés par les bulldozers. Enfin, les terrains de football sont parsemés de cratères (…) Des murs se sont effondrés et certaines constructions semblent avoir été touchées de plein fouet par un obus ». |
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