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EDITORIAUX
DE LUC MICHEL


EDITORIAL DU 10 DECEMBRE 1999
« NATION-EUROPE HEBDO » - N° 17

LOGES MIXTES ?
EXTREME-DROITE, SECTE ET FRANCS-MAÇONS A NICE

Publié dans NATION EUROPE HEBD0 – N° 17 (10 décembre 1999). Parfaitement documenté, cet article n’a fait l’objet d’aucun démenti, procès ou droit de réponse.

Nommé Procureur de la République à Nice, en mars dernier, Eric de Montgolfier y a découvert les curieuses pratiques de la justice locale. Et le bouillant magistrat, dont la réputation n’est plus à faire dans des dossiers de scandales politico-financiers retentissants (Bernard Tapie et l’OM-Valenciennes, entre autres), a vu rouge.

DE MONTGOLFIER MET EN CAUSE
DES RESEAUX MAÇONNIQUES

Dénonçant publiquement la disparition au greffe ou dans des commissariats de dossiers impliquant notamment des notables locaux dans des affaires financières.

Avec une interview au Nouvel Observateur, où il déclare « je suis procureur depuis 1985, et je n’ai jamais vu çà ! Autant de dossiers disparus ... en sept mois seulement », De Montgolfier a mis le problème sur la place publique et a saisi la Chancellerie et le Garde des Sceaux, dont il a reçu l’appui.

Ne machant pas ses mots, le magistrat a mis directement en cause des réseaux d’influence liés à la Franc-maçonnerie, déclenchant à ce propos campagne de presse et débat sur celle-ci.

QUE FAIT L’EXTREME-DROITE 
AU MILIEU DES MAÇONS ?

Au milieu de ce débat sur la Maçonnerie, apparemment incongru, un autre dossier a disparu. Celui des exactions du GUD-Unité radicale niçois, aujourd’hui lié au MNR mégretiste. Ce dossier a fait l’objet d’un long article de CHARLIE-HEBDO, intitulé « Jutice à Nice. Dossiers disparus : après la sciento, les fachos ! », où malgré quelques grosses erreurs, l’affaire est évoquée au travers de ses protagonistes.

Parmi ceux-ci sont cités Christian BOUCHET, responsable du fanzine néonazi « RESISTANCE ! » (1), uni au GUD dans « Unité radicale », et son bras droit Fabrice ROBERT, conseiller municipal FN de La Courneuve et leader du groupe RIF « Fraction Hexagone ».

CHARLIE-HEBDO fait erronément de BOUCHET l’ « Idéologue de Nouvelle Résistance ». Ce mouvement national-bolchevique avait été fondé en 1991 sur une ligne antisystème révolutionnaire et anti FN. En septembre 1996, le Bureau politique de NR, soutenu par la majorité des fédérations, excluait BOUCHET et ROBERT pour leurs contacts avec la mouvance lepéniste et d’autres dossiers peu reluisants.

Mais aussi pour les activités de BOUCHET au sein de groupes sectaires, ayant contacts et amitiés au sein de ... la Maçonnerie et notamment du Grand Orient de France !!!

LA CLE DE L’ENIGME

Car la disparition du dossier du GUD en compagnie de dossiers impliquant des francs-maçons niçois n’a rien d’incongru. Et elle ne surprend que des journalistes mal informés. A CHARLIE notamment.

BOUCHET, idéologue au rabais d’UNITE RADICALE, est en effet la clé de l’énigme.

La Maçonnerie est connue pour son hostilité à l’extrême-droite. Et à l’extrême-droite, dans la droite ligne du thème du « complot judéo-maçonnique » des années 1880-1945, on dévore du maçon à chaque petit-déjeuner.

En apparence. Car au GUD ou à RESISTANCE !, BOUCHET lui conjugue les deux appartenances.

EXTREME-DROITE, 
SECTES ET AFFAIRISME

Dès le 4 novembre 1993, Serge FAUBERT, dans L’EVENEMENT DU JEUDI consacrait un dossier fouillé au « vrai visage des sociétés secrètes » sous le titre « Derrière la magie et l’irrationnel... l’extrême droite et l’affairisme. Enquête sur le mystérieux Groupe de Thèbes ». Ce dernier est un groupe sectaire réunissant sous couvert d’étude de nombreux leader de sectes, dont BOUCHET et Remi BOYER, son fondateur.

De BOUCHET, l’EDJ précise ce qui suit : « Exégète de Crowley, Bouchet est également son disciple. Il est membre de l’Ordo templo orientis (OTO), l’obédience fondée par le magicien anglais ».

L’EDJ présente aussi particulièrement Jean-Pierre Giudicelli, un niçois, désigné comme le « second pilier du groupe de Thèbes » : « Giudicelli fait autorité dans les cercles ésotériques. Il est l’héritier de Bertrand de Cressac de la Bachelerie, un aristocrate fortuné de l’entre-deux-guerres féru de paganisme, autour duquel se pressaient quelques disciples recrutés dans la bonne société. Il dirige la section française de la Myriam, une obédience luciférienne dont l’enseignement fait appel aux pulsions sexuelles des adeptes. Ce Corse à la quarantaine bien sonnée, sympathisant des indépendantistes du FLNC, est aussi un facho de toujours : ancien d’Ordre nouveau il a fait partie du groupe néofasciste Troisième Voie jusqu’à la fin des années 80. On l’a remarqué par-mi les assesseurs du Front National, à Nice, lors des législatives de 1986 »

LES AMITIES TROUBLES 
DU GRAND ORIENT DE FRANCE

Révélant les activités sectaires de BOUCHET et ses amitiés maçonniques, FAUBERT dévoilait la face cachée des activités croisées de divers réseaux occultes mêlant faux templiers, satanistes, lucifériens, sectes diverses, militants néofascistes et maçons.

FAUBERT évoquait longuement les contacts officiels du GROUPE DE THEBES et de ses animateurs avec notamment le GRAND ORIENT DE FRANCE, dans les locaux parisiens duquel ils se réunissaient en 1992 et 1993. Evoquant la présence de BOUCHET en ces lieux, FAUBERT précise que « lors d’une première réunion te-nue également dans des locaux du GOF, il s’était manifesté par une brillante communication sur… la magie sexuelle ».

Il ajoute : « Le groupe de Thèbes est aussi parvenu à gagner la confiance de certains responsables du Grand-Orient (...) Boyer a fait la connaissance du patron de l’Institut de recherche du Grand-Orient : André Combes. Celui-ci ignore tout des activités du groupe de Thèbes, Pour lui, il ne s’agit que d’une paisible société philosophique. Et puis Boyer lui est sympathique. Il veut utiliser les locaux du Grand-Orient pour réunir son groupe ? Pas de problème : Combes le parrainera. Et c’est ainsi que, deux années de suite, les magiciens de Thèbes se réuniront chez les frères de la rue Cadet ».

LA LOGE MENPHIS-MISRAIM IMPLIQUEE

Le GRAND ORIENT DE France n’est pas la seule obédience maçonnique à être liée au GROUPE DE THEBES et à BOUCHET et à ses amis.

FAUBERT évoque aussi la présence de « Gérard Kloppel, le grand maître mondial de la loge Memphis Misraïm, une obédience maçonnique qui revendique 7000 membres – dont 1000 en France ».

L’EDJ s’interroge au sujet de celui-ci : « Quelqu’un aurait dû s’alarmer, protester (...) Et Gérard Kloppel, le patron des maçons de Memphis Misraïm ? « J’avais entendu parler de Bouchet, se défend-il. Mais je ne l’ai jamais vraiment côtoyé. Et puis, je n’ai assisté qu’à une seule réunion du groupe de Thèbes, la première ». Pourtant, Bouchet se souvient avoir déjeuné avec lui à l’occasion d’autres rencontres du groupe. Et comment expliquer que le programme de la sixième session du groupe de Thèbes, tenue en mai dernier, annonce une conférence de Gérard Kloppel ? Une attitude bien imprudente. Surtout de la part de quelqu’un que l’on peut supposer a priori bien informé : Gérard Kloppel se flatte, en effet, de compter parmi les responsables de Memphis Misraïm des « policiers de haut rang ». Certaines sources, internes au groupe de Thèbes, font même état de la présence d’un fonctionnaire de la DST parmi les dirigeants de Memphis Misraïm. Sans toutefois pouvoir préciser s’il est ou non en mission d’infiltration… »

L’explication, que ne peut apporter l’EDJ, se trouve dans un livre de Peter-R. KOENIG, intitulé « DAS OTO-PHAENOMEN » (2). KOENIG est l’un des leader d’une des nombreuses branches allemande de l’OTO, la secte fondée par CROWLEY et éclatée en de nombreuses banches rivales. Ses études sur CROWLEY et l’histoire mouvementée de l’OTO font autorité. Il y mentionne à plusieurs reprises BOUCHET, qu’il accuse notamment de plagiat.

Une accusation qu’il traîne derrière lui. En Belgique, en France et en Italie notamment, où fait l’objet de poursuites de la part des Editions MACHIAVEL pour le plagiat ou la contrefaçon de nombreux ouvrages. Le plagiat est également un des éléments du dossier à charge du GUD à Nice…

KOENIG y évoque notamment les liens de BOUCHET avec une des branches espagnoles (la LAMPARTER) de l’OTO (dite Krumm-Heller, du nom des fondateurs de ses rites) et son intronisation (l’octroi d’une Charte par une obédience reconnue qui permet la création d’une nouvelle loge) par celle-ci à la direction d’un « Caliphat » (une loge de la secte) en France.

Il y révèle particulièrement l’appartenance de la Loge Lamparter à l’obédience Memphis-Misraim, ainsi que celle de Jean-Pierre GIUDICELLI à Nice.

DES CONVICTIONS CONTRADICTOIRES ET INCOMPATIBLES

Dès lors, et à moins de croire à l’infiltration de l’appareil judiciaire niçois par un groupuscule agonisant, la disparition du dossier niçois du GUD, en compagnie d’autres impliquant des maçons, n’a rien d’étonnant au vu des amitiés et des appartenances maçonniques de BOUCHET.

Tout cela est évidemment bien connu des services de police spécialisés, notamment la DST et les Renseignements généraux. Qui ont peut-être fort négligemment oublié d’en avertir le Procureur De Montgolfier

Quant aux protagonistes de cette triste affaire, tant au GRAND ORIENT DE France ou à la Loge Menphis-Misraim qu’au GUD, ils devraient sans aucun doute s’interroger sur la présence dans leurs rangs respectifs d’un personnage étrange aux convictions contradictoires et incompatibles.

 

Luc MICHEL

 

Notes :

(1) Dans le dernier numéro de ce fanzine tiré en photocopies, on propose notamment sur six pages au lecteur un pèlerinage sur les hauts lieux du Nazisme…

(2) “Das OTO-Phaenomen” (An Agony in 22 fit by Peter-R. Koenig), ISBN 3-927890-14-6, Muenchen, Germany.

 

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